Siège de la CENI

Amadou Salif KEBE Président de la CENI

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Le 4 novembre, à la Maison de la presse à Coléah-Lanséboundji, commune de Matam, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a animé une conférence de presse pour faire le point sur les préparatifs des élections communales.

Au menu : les résultats de la mission de remobilisation, de renforcement des capacités et l’état des lieux des démembrements et les opérations électorales à venir. Etaient autour de la table : M. Bakary Mansaré, vice-président de la CENI, M. Etienne Soropogui, directeur des opérations, Mme. Djenab Touré, directrice de la Planification et fichier électoral, Me Francis N’Kpa Koulémou, directeur adjoint des Démembrements et nouveau porte-voix de la CENI, M. Aly Bocar Samoura, directeur du département Communication et Information, Dr. Amadou Kaba, directeur du département Transparence.

D’entrée, le vice-président de la CENI, Bakary Mansaré, a rappelé que c’est important pour son institution de jouer son rôle pour permettre aux citoyens d’élire leurs représentants afin qu’ils défendent leur intérêt. Et ce pari ne peut être gagné que si l’institution électorale organise des élections transparentes, crédibles et apaisées. « Juste après la vulgarisation du chronogramme des élections locales, la CENI a initié une mission sur le terrain pour pouvoir évaluer le fonctionnement pratique des démembrements. Nous rentrons de cette mission à l’échelle de toutes les circonscriptions électorales du pays. Pour ce faire, les différents commissaires experts sont-là pour vous expliquer ce qui a prévalu. Nous ne sommes plus dans l’optique de mener un pilotage à vue du processus électoral. Vous serez informés à tout moment de ce que la CENI fait dans le cadre de ces élections communales », a insisté M. Mansaré avant d’ajouter que les médias jouent un rôle capitale, celui d’informer les citoyens, les éduquer et les sensibiliser sur le processus électoral. Il a profité de l’occasion pour présenter le nouveau porte-parole de la CENI qui est Me. Francis N’Kpa Koulémou, par ailleurs directeur adjoint du département Démembrements.

Le directeur des opérations, Etienne Soropogui, a relevé quelques défis contenus dans le chronogramme des élections communales qui s’articule autour de 15 familles d’activités avec 72 sous-activités. Il a réaffirmé que la CENI sera techniquement prête le 4 février 2018. « C’est un chronogramme révisé. Il vous souviendra qu’en 2016 lors d’une retraite à Kindia, la CENI avait proposé un chronogramme, mais à cause des tergiversations sur le processus électoral, ce chronogramme n’est pas allé au bout », a rappelé M. Soropogui. Au titre des préalables administratifs, il a cité l’arrêté sur le nouveau découpage administratif et l’arrêté sur le nombre de conseillers par circonscription électorale. Deux arrêtés ministériels, poursuit-il, que le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation a déjà mis à la disposition de la CENI. M. Etienne Soropogui  a soutenu qu’à ce jour, il n’y a plus d’obstacles. « Les élections communales se dérouleront sur les 342 circonscriptions électorales. C’est une avancée importante dans le chronogramme ».  Un autre préalable, il y a la mise en place du Cellule de suivi d’action du processus électoral qui est effective. Tout comme le Comité ad hoc CENI, ministère de l’Administration du territoire et ministère de la Justice. Même que la CENI a saisi la Cour Constitutionnelle pour qu’elle se penche sur comment régler le déficit de magistrats devant présider les 342 Commissions administratives de centralisation des votes (CACV).

Le directeur des opérations est revenu sur l’objectif de la mission de remobilisation et de l’état des lieux des démembrements. « On avait déjà installé les démembrements parce que le chronogramme initial prévoyait que les démembrements soient installés, mais après au regard qu’il y avait des tergiversations, tout a été arrêté. Donc à la reprise, i était important d’aller voir nos démembrements qui sont restés huit mois sans être en activité. Il fallait les réveiller, parce que beaucoup s’étaient déplacés, d’autres sont décédés. Il  fallait les remobiliser, les mettre ensemble, leur expliquer les enjeux qui sont liés à l’organisation de ces élections. Cette mission a eu lieu du 20 au 27 octobre dernier ».

Evoquant l’actualisation de la cartographie des bureaux de vote, M. Etienne Soropogui a déclaré que le nouveau Code électoral a introduit de nouvelles dispositions qui veulent que le nombre d’électeurs dans un bureau de vote ne dépasse 600 électeurs. Donc, la prochaine mission de terrain va se consacrer à ce travail afin de ramener les seuils d’électeurs affectés à un bureau de vote à 600 personnes. « Le Code électoral révisé que les électeurs ne soient pas à plus de 2 Km. Il sera question aussi du lancement des opérations de gestion des candidatures avec la mise en place des commissions devant gérer les dossiers de candidature. Même que la CENI va recruter un informaticien et un juriste pour appuyer chaque commission dans la gestion des dossiers de candidature. Les commissions seront composées de six personnes. « A partir de ce mardi 7 novembre, nous allons lancer la formation des formateurs. Ils sont environs 136 personnes, soit quatre par circonscription ». Il a conclu que pour la première fois la CENI s’est dotée d’un logiciel de gestion des candidatures qui sera installé dans des ordinateurs déployés dans les 342 circonscriptions électorales du pays.

La Directrice du département planification et fichier électoral, Djénab Touré, a fait l’état des lieux du fichier électoral. « Nous avons commencé à améliorer la cartographie depuis 2016. Après l’élection présidentielle de 2015, après l’atelier d’évaluation et de capitalisation et la réception de tous les rapports d’observation de l’élection présidentielle, il était question pour la CENI d’essayer prendre en compte les préoccupations des acteurs politiques, de la société civile, des partenaires techniques et financiers, mais aussi des électeurs ».

Et de poursuivre : « Vu que les bureaux de vote étaient rattachés aux quartiers et aux districts, la première opération que nous avons eu à faire, c’était de rattacher les bureaux de vote aux secteurs. Donc, nous avons quitté le niveau district et quartier, nous sommes allés au niveau des secteurs. L’équivalent des secteurs dans le milieu, ce sont les villages. Les hameaux ne sont pas encore pris en compte dans le découpage administratif en Guinée ». L’opération a donné des résultats : il y a des secteurs qui ont plusieurs bureaux de vote, d’autre un bureau de vote. Parlant d’autres problèmes rencontrés, Djenab Touré a cité notamment l’érection de certains secteurs en quartiers et aussi des hameaux en districts. « Ces créations ont remis en cause les premières données. Donc, il fallait que la CENI intègre les nouveaux quartiers et districts dans la base de donnés », a affirmé la directrice de la Planification et fichier électoral. Elle a conclu que la CENI partira sur le terrain avec les listes électorales provisoires de mis à jour. Qu’il y aura 2052 commissions administratives d’affichages et de réajustement des bureaux de vote. Même que les acteurs ont demandé lors du dernier atelier que les chefs de quartier et districts ne distribuent plus les cartes d’électeurs.

Le directeur adjoint du département des Démembrements, Me Francis N’Kpa Koulémou, a fait le point sur les membres des démembrements. « Nous avons constaté que certains membres ont obtenu d’autres postes ou emplois, ils ont quitté la localité. Il y a 29 cas d’empêchement et concerne 17 circonscriptions électorales. Ces empêchements avaient pour motif : les démissions parce que certains veulent être candidats, les mutations, les cas de maladies graves et les cas de décès. La mission a permis d’identifier des sièges pour les démembrements, surtout les CESPI qui étaient souvent logées dans les bâtiments administratifs ». Me Koulémou a également parlé de la mission ponctuelle que la CENI à mener pour finaliser l’installation des membres des démembrements de Pita qui n’avait pas fini cet exercice à cause de la mésentente entre les partis politiques de l’opposition de la préfecture.

Le directeur du département Transparence, Dr. Amadou Kaba, a annoncé la décentralisation du Comité inter-partis au niveau de tous les démembrements (CECI, CEPI et CESPI), de la Cellule préfectorale de suivi du processus électoral au niveau des sous-préfectures (CESPI).

Le directeur du département Communication et Information, Aly Bocar Samoura, a réaffirmé l’engagement de la CENI à travailler avec tous les acteurs processus électoral, surtout les médias pour une bonne organisation des élections communales. Même que les portes de son département sont ouvertes à tous les journalistes qui veulent avoir des informations sur le processus électoral.

Une fois de plus, les conférenciers ont rassuré que la CENI sera techniquement prête à organiser les élections communales à la date du 4 février 2018 si sa proposition est confirmée par le Président de la République.

Souana Doré