Siège de la CENI

Amadou Salifou KEBE Président de la CENI

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Le 4 juillet, une plénière extraordinaire s’est tenue dans la salle de plénière de la CENI, au 8ème étage. Les commissaires ont procédé, conformément aux dispositions de l’article 17 alinéa 2 de la loi organique  L/2012/016/CNT, à un remaniement partiel du bureau exécutif de la CENI.

Cette plénière élective a été présidée par le doyen des commissaires présents, El Hadj Amadou Oury Baldé, assisté par les deux plus jeunes commissaires, Me Francis N’Kpa Koulémou et Mme Séraphine Kondiano. Sous la supervision de l’huissier de justice, Me Sory Daouda Camara, qui a constaté la régularité de la procédure de cette élection.

La séance a commencé par la lecture de l’article 17 alinéa 2 de la loi citée ci-haut par Me. Francis N’Kpa Koulémou qui donne droit aux commissaires. Puis, le président de séance, El Hadj Amadou Oury Baldé, a demandé aux deux commissaires, ayant la qualité de briguer le poste de président de la CENI, à savoir Me Amadou Salif Kébé et Kader Aziz Camara, tous venus de la société civile, de se manifester. Seul Me Amadou Salif Kébé s’est porté candidat pour briguer le poste. Quant à M. Kader Aziz Camara, il ne s’est pas manifesté. Ainsi, le seul candidat qui s’est déclaré contre le Président sortant Bakary Fofana, était Me Amadou Salif Kébé.

Après cette étape, le vote a démarré. Sur les 23 commissaires que comptent actuellement la CENI, 19 commissaires ont participé au vote. Après le dépouillement, les résultats de ce vote se présentent comme suit : le commissaire Me Amadou Salif Kébé a obtenu 18 voix contre une voix pour M. Bakary Fofana, ancien président de la CENI. Au vu de ce résultat, Me Amadou Salif Kébé, jusque là Directeur du Département Juridique et Contentieux, a été élu nouveau président de la CENI. Il faut préciser que la CENI est composée de 25 commissaires, mais suite au décès des deux commissaires (Maxime Koïvogui et Alpha Yéro Condé), non encore remplacés, elle compte 23 commissaires. Notons aussi que quatre commissaires, El Hadj Mamadi Lamine Condé, rapporteur, (en voyage), Hadja Ramatoulaye Bah, Bakary Mansaré et Bakary Fofana, n’ont pas pris part au vote.

Il faut rappeler que le 3 juillet 2017, une motion de défiance a été adressée à M. Bakary Fofana, président de la CENI, par laquelle dix-huit commissaires de la CENI (soit plus des 2/3 exigés par l’article 15 alinéa 2 de la loi organique L/2012/016/CNT portant composition, organisation et fonctionnement de la CENI), lui demandant la tenue de cette assemblée plénière extraordinaire le 4 juillet 2017 à 11 heures précises.

Après l’élection du nouveau Président de la CENI, les commissaires se sont adressés à la presse qui s’est massivement mobilisée pour la circonstance au siège de l’institution. Devant les journalistes, le commissaire Jacques Gbonimy, Directeur du Département Formation et Accréditation, a expliqué les raisons qui les a poussé à tenir cette plénière au lendemain de l’inhumation de leur collègue Alpha Yéro Condé. « L’ensemble des commissaires étant victimes du décès de notre collègue Yéro Condé, n’était pas amené à faire forcement cette plénière élective aujourd’hui ; mais la dernière sortie de Bakary Fofana qui a tenu une conférence de presse, nous a motivés à nous mettre dans la lancée de son éviction parce que nous pensons qu’en fonction de tout ce qu’il est en train de faire comme agitations, à ne pas comprendre la majorité des commissaires, nous nous sommes dits qu’il ne peut pas nous gérer et il ne peut plus nous amener à une élection qui est capitale comme les élections locales qui pointent à l’horizon ». Puis, le commissaire Gbonimy fait l’historique de la crise qui a abouti à l’éviction du Président Bakary Fofana. « L’événement que nous vivons aujourd'hui n’est qu’un aboutissement d’un long processus qui prévaut à la CENI il y a deux mois. Il s’agit du dysfonctionnement de la CENI. Nous avons dit que la situation ne pouvait pas se poursuivre ainsi et qu’il fallait voir les dysfonctionnements de la CENI et y apporter des corrections pour nous permettre d’aller sereinement aux élections locales. C’est à la suite de tout cela qu’une commission a élaboré un projet dans lequel tous les dysfonctionnements étaient exprimés. Et à la plénière, on s’était retrouvé pour amender cette lettre. Malheureusement, nous avons entendu notre président Bakary Fofana dire devant la presse que c’est un petit groupe qui s’est réuni pour écrire cette lettre et que ce n’était pas l’avis de tous les commissaires. Nous nous sommes retrouvés dans une plénière où nous avons tous opté pour la mise en place d’un comité de trésorerie parce que nous n’étions pas du tout satisfaits de la manière dont la CENI était gérée et aussi de la façon dont le président se prenait pour un potentat par rapport à tout ce que nous sommes en train de vivre ».

Et de poursuivre : « C’est ainsi que la commission a travaillé et le résultat a été présenté dans une de nos plénières. Il a été accepté par 18 commissaires sur les 19 présents. C’est monsieur le président seul qui s’est opposé à la volonté des 18 autres commissaires. Donc, nous nous sommes dit qu’il faudrait que cet outil de travail qui est le comité de trésorerie soit mis en place pour que les commissaires sachent quels sont les fonds envoyés par l’Etat à la CENI, comment ces fonds sont gérés et comment le matériel de la CENI est également géré. C’est dans ce cadre que nous nous sommes retrouvés face à un homme qui ne voulait pas du tout changer et qui s’est opposé à tout le monde à la CENI. Nous avons pensé que cette situation ne pouvait pas se poursuivre. On a été convié à une dernière plénière où Bakary Fofana a occulté cette question que nous lui avons rappelée. Il a dit qu’il avait ordonné à l’équipe de faire le travail et que si cela est inscrit à l’ordre du jour, qu’il se retirait pour laisser les commissaires travailler. Nous n’avons pas voulu contester et l’ensemble des commissaires présents ont travaillé sur le document et les différents points ont été adoptés. Nous avons mentionné qu’aucun point ne pouvait être modifié et que le président n’a que 24 heures pour signer le document qui nous guidait dans la gestion des moyens matériels et financiers de la CENI. A partir de là, nous avons pensé que le président seul ne pouvait pas s’opposer à la volonté de l’ensemble des commissaires dans leur majorité écrasante pour mener en bateau notre institution. Nous avons fait une motion de défiance qu’on a mise en marche, qui a été signée par les commissaires qui se sont retrouvés pour procéder à l’élection d’un nouveau président en la personne de Me Salif Kébé », a conclu le commissaire Gbonimy.

Les premiers mots de Me Amadou Salif Kébé

Fraîchement élu, Me. Amadou Salif Kébé a exprimé ses sentiments : « A l’issue de cette élection, ma pensée va à l’ensemble des commissaires. Ceux qui sont présents mais surtout ceux qui sont absents. Hier (lundi 3 juillet), nous enterrions notre collègue Yéro Condé. Avant lui, il y a eu Maxime Kaliva Koïvogui, Dr. Ibrahima Diallo, Yaya Kane et dans l’ancienne CENI, il y a eu Ben Sékou Sylla. Tous ont servi ce pays avec abnégation et dévouement. Je prie le bon Dieu pour qu’il les accueille dans son Paradis.  A mes collègues commissaires de la CENI, je dirais qu’ils n’ont pas élu un président, ils se sont mis tous dans l’ordre de bataille aux côtés de leur frère. Je veux dire que le président de la CENI n’est pas le potentat ou celui qui donne des ordres irrévocables, c’est celui qui exécute la décision collégiale de l’ensemble des commissaires et c’est ce que j’entends faire dans l’humilié, dans la sérénité mais aussi dans la détermination. A la CENI, nous évoluons dans un domaine qui est extrêmement difficile, celui qui consiste à organiser des élections acceptées de tous. Je prie chacun d’entre vous d’être nos messagers pour dire que la CENI de Guinée se met au travail dans le respect de la loi pour que nous puissions aboutir à des élections acceptées de tous les Guinéens de quel que bord qu’il soit. Je remercie mes collègues commissaires pour la confiance qu’ils ont portée en ma modeste personne. Je reste à leur disposition et je sais qu’ils sont à ma disposition depuis qu’on a commencé à travailler ».

Le Département Communication et Information